Service volontaire Européen

Participant au groupe de travail sur les projets européens et transnationaux, j’ai pris connaissance des possibilités qu’offrait l’Europe aux jeunes de se former à l’étranger.
Le Service Volontaire Européen semble en adéquation avec sa demande. Le Service Volontaire Européen (SVE) est une action du programme communautaire Jeunesse favorisant la mobilité des jeunes européens. Un jeune entre 18 et 30 ans part 6 à 12 mois comme bénévole dans un pays de la Communauté Européenne ou associés pour effectuer des activités d’intérêt général au sein d’organisations à but non lucratif.

J’ai rencontré Riwane, 19 ans au Plan d’Aou lors d’une présence sociale. Un peu hésitant quant à son orientation, il se trouve dans une section de Bac STG. Il me fait part de son projet d’intégrer une section de BTS commerce international mais conscient de son faible niveau en langues étrangères, il a très peu de chance d’y être reçu.

Après un mois de réflexion Riwane décide de s’emparer du projet malgré questionnements et inquiétudes.
Un premier rendez vous à Eurocircle est pris qui coordonne l’envoi et l’accueil de Volontaires Européens pour les Bouches-du-Rhône. Le travail avec le public : ‘Jeune ayant le moins d’opportunité’ s’inscrit dans ses missions. Ainsi dans le cadre d’un partenariat nous articulons connaissance du public, projet éducatif et projet européen.

Les premières étapes sont : recherche de projets dans la base de données, rédaction du CV et de la lettre de motivation en français et en anglais. Cette partie technique rassure Riwane. Dans un deuxième temps, je l’accompagne, lui et sa famille, sur les questions liées au départ : créer une relation de confiance avec la famille en parlant du projet , désamorcer les craintes, permettre au jeune d’avancer librement dans son projet. Riwane choisit un projet autour du sport, proposé par l’association Tides qui accompagne des populations en grande difficulté dans la ville de Weymouth au Royaume Uni.

Eurocircle se met en relation avec la structure d’accueil et une réponse positive est donnée un mois plus tard. Après accord de la Commission Européenne sur le financement des projets SVE en octobre 2007, Riwane reçoit une aide de 400 euros pour préparer son départ.
Il partira le 10 janvier 2008 pour 8 mois. Durant son séjour, il recevra 150 euros par mois d’argent de poche ; en co-location avec 3 autres jeunes volontaires, ils recevront 300 euros pour leurs repas.
Lors d’un stage de préparation à Caen de 5 jours, il retrouve des jeunes de toute l’Europe et me téléphone : « C’est une opportunité qui n’arrive qu’une fois dans une vie, je n’avais jamais pensé que j’arriverai jusqu’au bout ».

Le SVE devient alors un outil qui va permettre d’impulser une dynamique de projet chez le jeune. Le SVE n’est pas une finalité en soi, l’engagement et le temps que consacre le jeune à préparer son départ est conséquent puisqu’il représente en moyenne 9 mois. Il fait inévitablement émerger beaucoup de questionnements et impose une remise en question qui met à l’épreuve ses limites.

Au delà de la dimension d’apprentissage linguistique et de mobilité, le jeune s’inscrit dans un projet précis auquel nous participons et durant lequel il pourra mettre à profit ses compétences et acquérir une expérience non formelle d’apprentissage interculturel.

Ce temps peut permettre aussi, dans certains cas, de déplacer les situations difficiles de rupture familiale ou de rupture avec le quartier.
Le SVE permet un travail éducatif sur :

  • L’engagement,
  • Le projet professionnel et l’amélioration de l’employabilité,
  • La mobilité, l’autonomie et donc l’adaptation,
  • Le lien avec la famille, le quartier et ainsi la place occupée, et sur beaucoup d’autres questions liées à l’avenir et au projet de vie.

Le départ de ce jeune à l’étranger a permis d’éveiller chez d’autres un désir de sortir du quartier, de la ville, du pays et a donc eu un impact au niveau local.